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Et si Martin Fayulu cessait de revendiquer « sa victoire » ?

L’opposant Martin Fayulu, déclaré perdant à l’élection présidentielle, continue à s’autoproclamer « président élu » de la RDC. La démarche n’est pas nouvelle dans le pays, et n’a pas de chance de fonctionner plus longtemps. Feu Étienne Tshisekedi avait essayé cette stratégie après les élections de 2011, mais sans succès. Ainsi, quel avenir politique pour Martin Fayulu ?

Bien sûr, ces élections du 30 décembre, seuls Dieu et Corneille Nangaa savent qui les a réellement gagnées. Si c’est Martin Fayulu, c’est vraiment dommage qu’on ne lui ait pas donné sa victoire. Malgré tout, que ce soit Tshisekedi, Fayulu ou Shadary, le pays doit avancer. Du coup, persister sur la voie du bras de fer ne marchera pas pour l’homme fort de la coalition Lamuka. Fayulu a tout-à-fait le droit de contester les résultats, mais jusqu’à quand ? L’heure n’est-elle pas venue de laisser tomber ?

Se tourner vers l’avenir

En tout cas, pour moi, Martin Fayulu ferait mieux de changer de stratégie et de se préparer pour les échéances futures. En politique, il faut être réaliste. Je ne vois pas la situation basculer aujourd’hui en sa faveur pour qu’il soit investi chef de l’État. Les carottes sont malheureusement déjà cuites. Plus les mois passent, plus son bras de fer l’isole et devient même contreproductif. Fayulu devrait surtout constater lui-même que de moins en moins de voix soutiennent son discours. Même Moïse Katumbi – à travers sa plateforme Ensemble – a récemment pris acte de l’élection de Félix Tshisekedi.

Disons-nous la vérité : qu’il y ait eu un accord entre Kabila et Tshisekedi, ce n’est un secret pour personne. De même qu’il y a eu un accord à Genève. C’est cela la politique à laquelle notre classe politique nous a habitués. Ça m’étonnerait qu’un grand politicien comme Fayulu ignore que la politique congolaise est un monde des conciliabules, des dribbles, lobs, croc-en-jambe, tacles par derrière et même trahison. Souvent on applaudit quand on en est bénéficiaire, et on condamne quand on est victime. Mais où est l’intérêt du pays ?

Katumbi et Bemba vont-ils continuer à se ranger derrière Fayulu ?

Lamuka était une plateforme électorale autour de celui que Bemba, Katumbi, Matungulu et les autres avaient désigné comme candidat commun de l’opposition lors de l’accord de Genève. Aujourd’hui, les élections étant passées, chaque membre de Lamuka peut ne plus se sentir lié par l’accord de Genève. À moins de renégocier le contrat. Cela veut dire que désormais Martin Fayulu va devoir se battre seul pour sa survie politique. Et il le sait. Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Muzito et les autres ont aussi des ambitions présidentielles que nul ne les voit accepter de sacrifier pour rester éternellement derrière Fayulu.

2023, date des prochaines élections c’est d’ici là. Ils ont aussi besoin de se mettre en ordre de bataille. D’où cette question : soutenu hier par les signataires de l’accord de Genève, Martin Fayulu sera-t-il prêt à soutenir lui aussi une candidature commune autre que la sienne pour l’opposition en 2023 ? L’avenir le dira.

 

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