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Mondial « congolisé » : du pain, des jeux et de la récupération politique ?

La phase finale de la Coupe du monde de football fascine la RDC qui n’y participe pourtant pas. En filigrane de cette ferveur, on peut lire un portrait de la société congolaise et de son personnel politique…

Le décalage horaire entre la Russie et la République démocratique du Congo ne pouvait être meilleur : pas de match trop tard, pas de match trop tôt. Pas besoin de sacrifier les derniers maquis alcoolisés de la soirée. Pas besoin d’être productif toute la journée au bureau, tant la passion du ballon rond est partagée par une large majorité de mâles congolais, verrous des principaux niveaux de la pyramide hiérarchique. Il reste aux aficionados deux problèmes à résoudre : primo, avoir accès aux retransmissions, ce qui suppose, dans certains pays africains déshérités ou électriquement délestés, une bonne dose de système D ; secundo, soumettre la gent féminine qui revendique la télécommande pour regarder une télénovela…

La RDC mondialiste par procuration

Moins anecdotique qu’il n’y paraît, le Mondial « Russie 2018 » est une chose sérieuse pour les Congolais. Même si les Léopards sont restés à la maison, la compétition est quasiment un événement national. Les « breaking news » de tous ordres sont largement relayées sur les sites congolais généralistes, spécialisés ou sur les blogs. Certains théorisent même une Coupe du monde vécue par procuration à travers l’équipe de Belgique où évoluent notamment Romelu Lukaku et Michy Batshuayi, attaquants à la « congolité » flamboyante qui constitueraient une sorte de « légion étrangère » de la RDC en Russie. Certains vont même plus loin en rappelant que la RDC avait fait jeu égal avec des mondialistes, accrochant le Nigeria en match de préparation. C’est ce qu’on appelle se chatouiller soi-même pour rire…

En cette année éminemment politique, l’attention des supporters de football est-elle, pour les politiciens, une bonne diversion ou une passion à canaliser ? Le régime de Joseph Kabila fera-t-il sien le principe du « Panem et circenses » (« du pain et des jeux »), comptant sur la ferveur sportive pour anesthésier le militantisme politique.

Le foot peut-il rapprocher les leaders politiques ?

A chaque camp sa dose d’opportunisme sportif, même si l’engouement est parfois sincère, voire engagé. Côté opposition, le fil Twitter de Vital Kamerhe démontre une passion réelle pour la participation des équipes africaines au Mondial, tandis que l’engagement footballistique de Moïse Katumbi, président du Tout Puissant Mazembé, ne saurait être qualifié d’arrivisme à court terme. En 2017, des observateurs imaginaient même que le ballon rond pourrait rapprocher les deux ténors.

« En RDC, l’union de l’opposition s’observe également sur les terrains de football », s’était exclamé Salomon Della, principal conseiller de l’ex-gouverneur du Katanga, après un soutien appuyé de Kamerhe aux « Corbeaux ». Qui saura récupérer, avant la présidentielle, la ferveur de citoyens lambda qui, pour l’heure, ne jurent que par les exploits des superstars du ballon rond ?

 


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