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31 décembre : on leur a tiré dessus alors qu’ils marchaient pacifiquement

Ils voulaient simplement exprimer leur ras-le-bol suite à la non application de l’accord de la Saint-Sylvestre signé sous l’égide des prélats catholiques il y a un an jour pour jour. Ces fidèles catholiques ont vu leur marche se terminer dans un bain de sang. Don Momath raconte ce qu’il a vu ce 31 décembre 2017.

Très tôt le matin, la paroisse Saint-Augustin située sur l’avenue Kadjeke dans la commune de Lemba est prise d’assaut par des gens plutôt soucieux de marcher dans les rues que d’assister à la messe. Le prêtre n’avait pas encore fini son homélie que tout le monde se déversait dans la rue avec rameaux, crucifix et autres symboles religieux en main.

Ces paroissiens sont vite rejoints par d’autres, venus eux de Saint-Benoît, une autre paroisse située à quelques encablures du rond-point Terminus. Les manifestants tentent alors de rejoindre dans le calme la grande route Bypass. Au vu du grand nombre de policiers qui les intimidaient et leur demandaient de rebrousser chemin, le prêtre intime l’ordre à la foule de s’agenouiller. Vêtu de sa soutane, il est le premier à s’agenouiller et il fait une prière improvisée. Il fait signe à la  foule et tous ensemble ils se remettent en route.

Les policiers ont beau tirer des gaz lacrymogènes, les paroissiens préparés à cette éventualité continuent d’avancer en chantant des cantiques et en s’aspergeant d’eau et de margarine sur le visage. Oui même de la margarine ! La jeep de la police s’éloigne et disparaît, la foule lance des cris de joie. C’était sans savoir la suite tragique…

La mort pour mettre fin à la marche

Avant d’atteindre la grande route, les manifestants aperçoivent pour une seconde fois des hommes en uniformes. Des uniformes bien différents de ceux des policiers. Des militaires surement ! Le prêtre ordonne à nouveau aux gens derrière lui de s’agenouiller. Pendant qu’ils priaient sous les menaces de ces hommes en uniforme, un jeune se lève au milieu de la foule et crie en lingala : « Nous ne sommes pas armés, laissez-nous marcher pacifiquement ! »

A peine avait-il fini sa dernière phrase qu’on lui tire dessus à balle réelle. Le pauvre jeune homme trébuche, la foule se disperse en désordre. Est-il mort ou pas ? Je ne sais pas. Quoiqu’il en soit, le pouvoir en place a une nouvelle fois démontré sa détermination à réprimer dans le sang toute contestation. Le décor d’un lendemain fait de troubles et de répressions semble bien planté.

 


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