Des policiers répriment des manifestant à Goma
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RDC: le sang des chrétiens catholiques a coulé dimanche

#31décembre. On avait l’impression que toutes les casernes de Kinshasa s’étaient vidées de leurs occupants ce dimanche 31 décembre 2017. Policiers et militaires lourdement armés ont été envoyés dans la rue pour combattre des civils chrétiens catholiques sans armes. Le crime de ces chrétiens était de vouloir manifester pour réclamer le respect de l’accord de la Saint-Sylvestre. Plusieurs d’entre eux sont tombés sous les balles, devenant ainsi de nouveaux martyrs de la démocratie.

Comme d’habitude, le régime a fait ses victimes à huis-clos : pas d’Internet, pas de réseaux sociaux, ni de service sms. Tout a été coupé. Kinshasa ressemblait ce dimanche à une ville en guerre, pourtant il n’y avait aucun ennemi pour justifier le déploiement d’une telle force dans la capitale. Il s’agissait plutôt de cette démocratie des chars à laquelle Kabila nous a habitués depuis 2011. Sauf que cette fois-ci, il a franchi le Rubicon. Sa police et son armée ont profané les lieux de culte catholique.

Des gaz lacrymogènes et des balles (réelles) ont été tirés à l’intérieur des cathédrales et des paroisses bondées de fidèles ! Du jamais vu depuis le massacre de chrétiens par l’armée de Mobutu en février 1992. Plusieurs prêtres catholiques ont été molestés. Jamais un tel sacrilège n’avait été commis auparavant. On comprend pourquoi le pape François avait dû annuler sa visite en RDC. Les autorités qui se disaient obligées d’interdire la marche parce qu’elles n’avaient pas assez de policiers pour l’encadrer, ont curieusement eu assez de militaires et de policiers à placer devant chaque église pour réprimer. Preuve qu’il était bien possible d’encadrer pacifiquement cette marche.

Comme en 2016, l’année 2017 s’est terminée par le sang des pauvres Congolais qui osent réclamer l’alternance au sommet de l’État. La liste des martyrs de la démocratie s’est encore allongée. Chaque camp donne son bilan des tueries de ce dimanche 31 décembre. 10 morts selon les catholiques, 8 selon la Monusco, 4 selon le porte-parole de la police… Dans tous les cas, des vies ont été prises par ceux-là même qui sont censés les protéger. Le régime devient de plus en plus policier et sanguinaire. La terreur devient un mode de gouvernement. Avec pour seul objectif de protéger un seul homme : Joseph Kabila.

Bravo au régime en place pour la répression de ce dimanche. C’est le cadeau qu’il nous réservait pour le Nouvel An : le sang de mes compatriotes. Mais il convient de rappeler qu’il y a un temps pour toute chose : un temps pour régner, un temps pour tuer et un temps pour répondre de ses actes.

 


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