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« Sans nourriture, les gens mourront »

Alors que l’insécurité dans l’est de notre pays bat son plein et que la crise politique couve, le Comité norvégien pour les réfugiés a alerté sur les effets pernicieux de la famine dans les 26 provinces de la RDC. Le communiqué de presse publié début octobre par cette ONG a aussitôt attiré mon attention. Le constat dressé est plus qu’alarmant.

Jamais je n’aurais pu imaginer que l’insécurité alimentaire soit d’une aussi grande ampleur. Jamais je n’aurais pu penser que le secteur agricole de mon pays était si sinistré. L’agriculture contribue à plus ou moins 45% du PIB national et emploie plus de 80% de la main d’œuvre, d’après le rapport du Comité norvégien pour les réfugiés. Mais cette agriculture, soutenue notamment par des paysans qui cultivent avant tout pour se nourrir, souffre des conflits armés qui déplacent  de nombreuses personnes.

C’est sans compter avec les moyens souvent minimes, pour lutter contre des maladies et des parasites qui s’attaquent aux champs. A propos des parasites, la chenille légionnaire de la saison des pluies est responsable de la perte de plus de 50% de la production de maïs. Cet insecte parasite est originaire de l’Amérique et a été introduit au Congo fin 2016.

Effets désastreux de la famine

D’après l’Unicef, citée par le Comité norvégien pour les réfugiés, 43% des enfants en dessous de 5 ans souffrent de malnutrition au Congo. 6 des 26 provinces de notre pays ont même des taux de malnutrition infantile au-dessus de 50%. Et afin de répondre à l’ensemble de la crise alimentaire, les besoins en termes d’aides sont évalués à 1,7 milliards de dollars américains. Mais seulement 28% de cette somme ont été perçus jusque-là. Dès lors, la population développe des mécanismes désespérés pour pouvoir se nourrir.

« Une intensification de l’action humanitaire est nécessaire maintenant. Sans nourriture, les gens mourront », déclare Urlika Blom, directrice pays du Comité norvégien pour les réfugiés. La situation est d’autant plus préoccupante qu’à Fizi, dans le Sud-Kivu par exemple, des parents envoient leurs enfants dans les mines afin que ceux-ci leur ramènent de quoi manger. Ailleurs, les paysans sont contraints de manger les semences prévues pour la prochaine culture afin de satisfaire leurs besoins alimentaires immédiats. Le plus dramatique est le cas de jeunes gens qui se font enrôler dans les groupes armés dans le seul but d’avoir de quoi manger. Et de jeunes filles du Nord-Kivu qui se prostituent en échange d’une portion de nourriture.

Les observations du Comité norvégien pour les réfugiés se basent sur le rapport intitulé « Sécurité alimentaire, niveau de production agricole et animale, évaluation de la campagne agricole 2017-2018 et bilan alimentaire du pays », rapport produit  par le ministère de l’Agriculture avec l’appui de la FAO et du PAM. Le rapport est disponible en cliquant ici.

 


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