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Vous sentez-vous en sécurité à bord des avions du Congo ?

Je tiens à vous dire qu’en RDC, l’insécurité n’est pas seulement terrestre, elle est aussi aérienne. Quand vous prenez un vol national, vous n’êtes jamais sûr d’arriver à destination. Et j’ai souvent remarqué que chaque fois que notre avion réussit à atterrir à Kinshasa, Lubumbashi ou Mbujimayi, les passagers à bord exultent et applaudissent. Les uns crient : gloire à Dieu ! Les autres : merci Seigneur ! C’est parce qu’ils ont le sentiment d’avoir échappé à la mort.

Avant, je me fâchais quand j’entendais dire que les avions congolais sont interdits sur l’espace européen parce que  considérés comme non viables. Aujourd’hui, je ne peux que constater cette triste réalité. Ces avions du Congo font peur.

Il y a quelques jours, un petit porteur de la compagnie Busy Bee s’est écrasé sur des habitations en pleine ville de Goma. 29 morts, non seulement des passagers, mais aussi de paisibles citoyens assis dans leurs maisons. Pas plus tard que le 10 octobre dernier, un Antonov 72 assurant la logistique du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a fait un crash dans la province du Sankuru. Parmi les morts, figurait le chauffeur personnel du président.

Des avions fatigués par le poids de l’âge

Bien sûr, les crashs d’avion sont des accidents comme tant d’autres qui peuvent survenir n’importe où au monde : en Europe, en Asie, en Amérique… Mais ce qui arrive en RDC est dû à mon avis à la vétusté de nos avions. La quasi totalité des aéronefs qui volent au Congo ont l’air d’être agés de plus de 30 ans. Et leur maintenance laisse à désirer. Chers compatriotes, nous embarquons dans de véritables cercueils volants. Voilà pourquoi lorsque nous arrivons sains et saufs à destination, nous applaudissons le pilote et nous disons : merci Seigneur ! Gloire à Dieu !

Mais que voulez-vous ? On ne peut pas ne pas utiliser ces avions congolais. On n’a pas le choix. Le pays est très vaste et manque de routes. Comment voyager de Kinshasa à Goma par route sur plus de 1000 km ? Je vous assure que vous ferez un an pour y arriver ! Traverser des forêts, des rivières, des zones contrôlées par des groupes armés qui vous dépouilleront de tout…

Des crashs évités souvent de justesse

Une fois, nous avons failli connaitre un crash à l’atterrissage à l’aéroport de Lubumbashi. C’était avec un Fokker 50 d’une compagnie dont je tais le nom. Ses descentes dans les airs étaient terribles, nous avions l’impression de faire plusieurs chutes libres dans l’espace avant de nous ressaisir. Le cœur  allait me manquer. Et 2 ans après, cet avion a été enlevé de la circulation aérienne, mais il a été remplacé par 2 autres tout aussi vieux.

Plusieurs fois, à Kinshasa ou à Mbujimayi, beaucoup ont surement déjà eu des surprises du genre : vous arrivez à l’aéroport, on vous dit que votre vol est annulé. Après, vous apprenez que ce vol a été annulé parce que l’avion avait une panne. Et il faut attendre 4 ou 5 jours, jusqu’à ce que la panne soit réparée. Or, avec un avion qui ne peut voler qu’après réparation chaque fois, comment ne pas dire « merci Seigneur » quand vous arrivez à destination sans faire un crash ?

 

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