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Sextapes : le seul vrai coupable c’est le diffuseur de la vidéo, pas l’acteur

Nous vivons dans une société très hypocrite. J’ai très honte de faire partie de cette génération. Je vois les vies de personnes détruites, simplement parce que personne n’a osé admettre que faire une vidéo intime à usage personnel était un droit et que c’est plutôt celui qui diffuse les photos ou la vidéo qui mérite une punition. Personne n’admet que deux adultes consentants se filment pour garder un souvenir de leurs moments.

 

Nous sommes près de 7,5 milliards d’humains sur terre. C’est donc plus de 7 milliards de rapport sexuels. Ce sont 7 milliards d’histoires de lit. C’est 7 milliards de baises. C’est un homme et une femme qui s’unissent via leurs organes reproducteurs. Et très souvent ils le font nus. Alors pourquoi s’offusquer autant quand on diffuse les vidéos de sexe des personnes qui ont été abusées ? Repensons nos réactions.

Derrière chaque sextape se trouve une envie de vengeance

Il y a de schémas connus sur l’origine des sextapes :

  1. Un homme ou une femme qui a confiance à son partenaire se filme nu et envoie les vidéos ou photos. Ils sont séparés et c’est la seule façon de faire l’amour pour ces amoureux. Il y a une rupture, et là pour se venger, les vidéos sont diffusées.
  2. Un homme ou une femme a rencontré quelqu’un sur internet, mais en vrai c’est un maître chanteur. Il se fait passer pour un amoureux, crée une relation et fait tomber sa victime en amour. Puis comme les tourtereaux sont éloignés, l’e-sexe s’impose. L’arnaqueur de son côté est en train d’enregistrer les échanges érotiques. Là l’escroc dévoile son vrai visage et demande de l’argent pour ne pas diffuser les photos. Mais le problème avec un escroc c’est qu’il demandera de l’argent toujours et toujours en ruinant la vie et l’équilibre psychologique de sa victime.
  3. Une personne, pour son usage personnel se filme. Puis son téléphone est soit perdu, ou tombe en panne et il l’amène chez un réparateur qui fouine dedans et tombe sur les vidéos.
  4. Par voie fortuite et inopinée, les photos et vidéos se trouvent en ligne. Soit que la publication s’est faite par mauvaise manipulation du téléphone, soit par erreur en pensant publier autre chose.
  5. Enfin il y a des montages vidéo qui sont faits grâce aux logiciels très performants et gratuits sur internet. On accroche le visage de n’importe qui sur celui d’un acteur porno. C’est du deepfake.

Vous verrez que dans tous ces cas, l’intention de nuire à une personne prédomine.

Quand la victime paye deux fois son malheur

Au Congo, il y a eu plus de 10 grosses affaires de sextapes impliquant des personnalités connues ces deux dernières années. Et comment la société a-t-elle réagi ? Certains ont été excommuniés de leur église, d’autres ont perdu leur travail. Certain ont vu la dépression s’inviter dans leur quotidien car on les jugeait comme ceux qui ont jeté l’opprobre sur leur famille. Un roi a été suspendu, un député est actuellement sous menace d’invalidation à cause d’une sextape qui ressemble à du deepfake. On a systématiquement puni que les personnes dans les vidéos qui circulent. Personne n’a cherché à punir le diffuseur. Je veux que notre schéma de réflexion change. N’encourageons pas les personnes aigries, les voleurs et les escrocs qui veulent se servir de la « pornrevenge » pour nuire.

En agissant ainsi nous punissons deux fois les victimes.

Nous devons aussi accepter que le sexe est l’activité qui se produit le plus entre deux humains. Nous devons changer notre vision de la chose.

Internet et les nouvelles technologies imposent aussi de nouvelles formes de vivre l’amour. Evoluons.

 

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