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Vous avez eu tort de croire à votre alliance avec le FCC, Félix Tshisekedi !

Dès le départ, les alliés ainsi que le peuple congolais étaient pourtant sûrs de cette évidence : l’alliance FCC-Cach, au pouvoir depuis janvier 2019, n’allait pas tenir. D’ailleurs, elle ne tiendra pas étant donné les attentes populaires et les reproches formulés à ce jour contre l’ancien régime qui a survécu grâce à Félix Tshisekedi.

La voie du salut du peuple semble malheureusement radicale, à moins que Kabila veuille faire profil bas. Or, comme l’avait déjà dit dans un autre blog Didier Makal en mars 2019, le timoré Kabila s’est plu à parler et à paraître un peu plus depuis qu’il n’est plus au pouvoir. Joseph Kabila.

Les consultations nationales en cours à Kinshasa sont justement la preuve que le président Tshisekedi a eu tort. Tort d’avoir cru que ça allait marcher entre sa coalition et celle de son prédécesseur Joseph Kabila.

« Le peuple d’abord ! »

Pourtant, beaucoup d’éléments ont montré que l’alliance née des dernières élections était intenable. Cela, dès la proclamation des résultats des législatives, après la présidentielle qui a porté au pouvoir l’opposant, fils d’un autre opposant Étienne Tshisekedi.

A la prestation de serment, le chef de l’État avait en face de lui « le peuple », des gens ordinaires venus nombreux lui rappeler que le moment d’appliquer le fameux « Le peuple d’abord » était venu. Un slogan lancé par son défunt père, Etienne Tshisekedi.

Cela signifiait et signifie encore aujourd’hui, –Félix le sait–, qu’on devait regarder dans une autre direction que celle prise par son prédécesseur. C’est la seule possibilité immédiate, qui s’offrait ou s’offre au chef de l’État, de tenter de répondre à cette injonction populaire.

Or, il y avait, et il y a encore face à lui, Joseph Kabila et sa majorité décidés à ne rien laisser. Une majorité qui refuse de faire profil bas et qui tend à faire d’un président si attendu par la population, une marionnette qu’il a progressivement refusé d’être.

Kabila et une majorité accusée de bloquer le président

En tout cela, Tshisekedi aura perdu deux ans, des énergies et des moyens financiers. Il aura perdu même un peu de sa crédibilité auprès de ceux qui, en dépit des critiques ontologiques à sa présidence sous ordres de Kabila, ont cru un jour qu’il ferait la différence. Que le nouveau président apporterait un peu de changement : lutte contre la corruption, recherche du bien commun plutôt que celui d’une clique d’individus.

Félix Tshisekedi aura surtout perdu le temps pour lui-même de déployer sa propre politique. Du temps brûlé dans d’interminables conciliabules. Jusqu’à ce discours d’octobre 2020 où il dit qu’il n’en peut plus de subir blocages et humiliations de la part de la majorité de son « allié » Joseph Kabila.

Tard, c’est bien mieux que jamais !

Il vaut mieux agir tardivement, que de ne jamais le faire ! Mais Félix Tshisekedi saura-t-il aller jusqu’au bout de la ligne qu’il a tracée en octobre ? Se séparer du FCC de Joseph Kabila, qui visiblement ne réprouve pas les excès de ses lieutenants, risque cependant de ne pas être facile.

Il y aura sûrement des grabuges, peut-être même des morts. Mais la rupture, quelles qu’en soient les conséquences, est inéluctable si Félix Tshisekedi veut changer le cap et marquer son histoire d’une empreinte solide.

Pour cela, il lui faudra minimiser les risques, sans renoncer.

 

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