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Vital Kamerhe, l’éternel inconstant

Vital Kamerhe change de position au gré des circonstances. Dans une déclaration publiée le 26 juin dernier, l’opposant soutient désormais le message des évêques catholiques en appelant le peuple à se prendre en charge et à se lever pour exiger les élections en décembre 2017.

Ce nouveau discours de Vital Kamerhe révèle encore une fois la versatilité de cet opposant controversé. Certes, il est tout à fait normal qu’un homme politique change d’avis selon les enjeux et les événements. Mais le fait que cela devient une habitude, donne à croire que l’homme est inconstant  de nature.

Le roi des volte-faces

Tel un caméléon qui change de couleurs, Vital Kamerhe semble exceller dans les revirements de positions. Aujourd’hui le leader du parti l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, adopte un ton beaucoup plus ferme et radical vis-à -vis de la crise politique que  traverse le pays. Il a exprimé sa colère en adhérant au contenu du rapport de la Cenco. Mais attention, l’homme nous a habitué à ce genre d’effets d’annonce, avant de faire marche arrière. D’ailleurs, il fait ses déclarations alors que son parti est membre du gouvernement Tshibala.

D’abord kabiliste puis opposant ?

Ancien secrétaire général du PPRD, parti du chef de l’État, Vital Kamerhe a été directeur de campagne du président Joseph Kabila lors des élections de 2006. À l’époque, il a même dédié au président un livre intitulé « Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila ». Passé à l’opposition en 2010, après avoir dirigé avec brio l’Assemblée nationale, Kamerhe crée son propre parti l’Union pour la nation congolaise  (UNC). Désormais, la rupture est totale avec la majorité présidentielle, du moins en apparence. Depuis, l’homme fait des déclarations tapageuses. En 2014 par exemple, alors qu’il menaçait d’appeler le peuple à manifester pour exiger les élections dans les délais constitutionnels, Vital Kamerhe déclarait : « Le président Kabila doit pouvoir marcher sur nos cadavres avant de dépasser le 19 décembre 2016. » Quelques temps après,  Kamerhe mettra de l’eau dans son vin en se rapprochant du régime sans en faire partie.

Son spectaculaire  revirement c’était à l’approche du 19 décembre 2016, lorsqu’il choisit de participer au dialogue de la Cité de l’Union africaine, un dialogue pourtant boycotté par le Front citoyen 2016, une plateforme de l’opposition dont son parti l’UNC était membre. Là, Vital Kamerhe se justifiait en disant qu’il voulait éviter au pays le bain de sang et le chaos qui auraient pu résulter des manifestations de rues prévues par l’opposition. Plus tard, le même Vital Kamerhe sera l’un des premiers à signer l’accord du 31 décembre issu d’un autre dialogue, cette fois parrainé par la Cenco. Ensuite, alors que l’opposition et la communauté internationale rejettent le gouvernement de Bruno Tshibala, le parti de Vital Kamerhe rejoint ce gouvernement. L’actuel ministre du Budget est de l’UNC.

La plus récente preuve d’inconstance politique de Vital Kamerhe est cette adhésion au message de la Cenco qui appelle le peuple à se prendre en charge pour obtenir les élections en 2017.

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