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21 ans après le 17 mai 1997, je ne peux pas parler de libération

Le 17 mai, la RDC fêtait la libération. Mais aujourd’hui, les Congolais attendent des élections depuis des mois et leurs libertés semblent se restreindre. La libération semble désormais très théorique.

17 mai 1997, fête de la libération du Congo ? Il est impossible de le dire en toute conscience, car ça ne se traduit pas dans les actes ! On a vendu tellement de concepts honteux et mensongers aux Congolais, celui-ci ne peut passer non plus. De qui ou de quoi nous ont-ils libérés ? D’ailleurs, je n’ai fait aucun tweet ni aucun post Facebook en rapport avec ce 17 mai, car j’avais honte et je suis révolté. J’ai lu sur Facebook une amie dire : « Ils ont certes chassé le mal, mais ils avaient oublié de nous dire qu’ils apportaient avec eux le pire. »

La honte c’est que même ceux qui auraient pu célébrer cette journée se sont tus ce 17 mai 2018, comme s’ils savaient que ce serait le comble du ridicule. Comment vouloir faire la fête alors que le régime ne cesse de violer la Constitution depuis bientôt trois ans ? L’histoire, il y a ceux qui la lisent, ceux qui l’écrivent et ceux qui la font. Je refuse que l’on essaye d’écrire une fausse histoire que nos enfants liront à l’avenir en disant que le 17 mai 1997 le peuple congolais a été libéré. Ces dernières 21 années ont prouvé tout le contraire !

Ce qui n’est pas resté pareil a empiré

Mes souvenirs de l’époque Mobutu, quand le peuple venait de se fatiguer de lui, sont ceux de tracasseries des agents de l’ordre qui rançonnaient les paisibles citoyens. Je me souviens aussi du coût de la vie devenu très cher, de l’inflation mais aussi de tous ces gouvernements qui se succédaient sous Mobutu. On pouvait palper du doigt le dégout qu’avait le peuple vis-à-vis de ce dictateur, même si peu osaient le dire à l’époque car il n’y avait aucune liberté d’expression !

Aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé, dites-moi ? Quel Congolais peut témoigner avoir parcouru 10 kilomètres dans n’importe quelle ville du pays sans subir au moins une fois des tracasseries de la part des policiers ou des militaires ? En quelques mois, le franc congolais a perdu près de 50% de sa valeur, alors que le salaire des fonctionnaires reste le même. Ce qui veut dire que le coût de vie qui était déjà exorbitant pour eux a doublé ! Kabila, hors mandat depuis 2016, essaie de se maintenir au pouvoir en distribuant des ministères et en changeant chaque fois de gouvernement. En sept ans, entre 1990 et sa chute en 1997, Mobutu avait nommé sept gouvernements différents. Kabila en est au troisième en seulement deux ans de glissement ! Alors, où est la différence chers libérateurs ?

Insécurité et liberté d’expression bafouée

On peut aujourd’hui toucher du doigt le dégout qu’a le peuple congolais envers le régime en place ! Et comme en 1997, on sent qu’on attend un libérateur ! Mais contrairement à 1997, il y a pire, l’insécurité s’est intensifiée dans le pays. On ne peut quitter la ville de Goma et aller vers le parc des Virunga à 20 kilomètres sans se faire tuer ou kidnapper. A Beni, depuis bientôt cinq ans, de présumés ADF sont entrain de tuer des populations sans jamais être mis hors d’état de nuire. La liberté d’expression et de manifestation est bafouée. Osez manifester, même pacifiquement, et vous serez soit arrêté, soit torturé, soit tué !

Alors je vous le demande à nouveau ? Quel est ce régime libérateur qui tue ses citoyens ? Non messieurs, vous ne nous avez pas du tout libérés ! Le peuple congolais attend toujours une vraie libération !

 


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