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Le Congo ne se relèvera pas en un jour, laissons du temps aux nouveaux dirigeants

La récente série de grèves et manifestations au sein des entreprises et sociétés publiques prouve que les attentes des Congolais vis-à-vis du nouveau régime sont nombreuses. Cela démontre le chaos dans lequel le pays était plongé. Ainsi les nouveaux dirigeants ont du pain sur la planche. Mais ces pressions tous azimuts sont-elles productives ? Ne faudrait-il pas laisser le temps aux nouveaux dirigeants pour remettre petit-à-petit les choses en marche ?

Quelques jours après sa prestation de serment, Felix Tshisekedi a subi une forte pression sociale. Au sein de plusieurs sociétés étatiques, des agents se sont levés pour dénoncer plusieurs mois de salaires non payés. Le 29 janvier déjà, les agents de la société de transport Transco étaient les premiers à enclencher la grève. Ils ont été suivis par ceux de la Société nationale d’assurance (Sonas), ensuite la Société commerciale des transports et ports (SCTP) leur a emboité le pas. 10 mois non payés par ci, 20 ou 40 par la, les réclamations sont légion. Et c’est sans compter d’autres mouvements de grève en provinces dont celui des policiers à Beni, à Mbujimayi ou à Bukavu. Il faut aussi ajouter les revendications des mouvements citoyens qui ne démordent pas non plus, réclamant telle chose dans une ville, et telle autre dans une autre.

Le mal était profond

Tous ces mouvements de grève dans la plupart des sociétés étatiques prouvent que le problème était profond et quasiment général. Les employés étaient muselés, tandis que le régime de Kabila protégeait les patrons. Sinon, comment expliquer que la même situation soit vécue dans toutes ces sociétés au même moment. Cela permet aux nouveaux dirigeants de jauger le niveau de besoins de la population et de voir quoi faire en priorité. Bien sûr, tout le monde peut réclamer un changement immédiat, mais n’oublions pas qu’un problème vieux de plusieurs décennies ne saurait être résolu en moins d’une année. Et les revendications venant de toute part pourraient créer une incapacité des nouveaux dirigeants et amoindrir leurs efforts en voulant satisfaire tout le monde à la fois.

Nous avions besoin du changement de régime, nous l’avons désormais. Il revient maintenant à la nouvelle équipe dirigeante de nous prouver qu’elle a mérité notre confiance. Je ne voudrais pas dire ici qu’on n’a pas le droit de mettre la pression sur le nouveau président. C’est notre droit le plus fondamental. Mais je crains que les pressions tous azimuts ne créent un environnement défavorable susceptible d’empêcher les dirigeants de trouver des solutions aux multiples problèmes du pays. Le mal dans la société congolaise étant profond, il mérite un remède proportionnel à sa dimension. C’est ce qu’a promis le président Felix Tshisekedi qui veut en finir avec le système dictatorial et corrompu qui existait. Mais cela demande du travail, parfois beaucoup de temps. Même chose pour la situation sécuritaire dans la région du Kivu et du Kasaï, les problèmes de routes, d’emploi, d’eau et d’électricité, etc. Accordons du temps à nos dirigeants.

 

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