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Crise politique en RDC : doit-on recourir à l’article 64 de la Constitution ?

Je suis un peu pessimiste sur l’issue du processus électoral en RDC. Certes, la campagne a commencé, mais les élections avec la machine à voter seront-elles crédibles ? Beaucoup de Congolais comme moi – et d’autres mouvements politiques – ne font pas confiance en la capacité de la Céni à organiser de bonnes élections. J’en veux pour preuve la déclaration récente du mouvement Alternative citoyenne dont est membre l’avocat Firmin Yangambi.

Ces élections qu’on nous brandit aujourd’hui auraient dû être organisées en 2016 conformément à la Constitution. Pourquoi a-t-on perdu deux ans ? Y a-t-il des garanties de transparences dans ces élections ? Cette incertitude pousse les uns à exiger une transition sans Kabila, et les autres le cas du mouvement Alternative citoyenne à croire que « le recours à l’article 64 de la Constitution reste la seule issue pour se débarrasser du régime du président Kabila ». Je ne sais pas s’ils ont raison, mais ce que je n’approuve pas c’est l’usage de la violence. Et j’espère que la déclaration d’Alternative citoyenne ne s’inscrit pas dans cette logique.

L’article 64 de la Constitution stipule : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la Constitution. » Voilà pourquoi, le régime en place devrait gérer le pays de manière à ne pas pousser la population à en arriver à de telles extrémités.

Qui pour remplacer Kabila ?

Pour Alternative citoyenne, « le processus électoral en RDC est politiquement noyauté par le régime et techniquement biaisé par des facteurs porteurs de fraude. » Ces fraudes ou ces velléités de fraudes, c‘est ce que je redoute le 23 décembre. En plus, les élections que je désire pour mon pays ne doivent pas avoir lieu seulement pour remplacer Kabila, mais elles doivent aussi aider à changer tout le système corrompu en place.

Je partage aussi le point de vue du mouvement Alternative citoyenne quand il dresse un tableau sombre de la situation dans mon pays : « Une Céni inféodée au régime, insécurité généralisée sur une partie du territoire, politisation des forces armées et de l’ordre, soumission du juge électoral à Kabila, statut juridique illégal de la machine à voter, absence de transparence dans la gestion du serveur central de la Céni… » A cela s’ajoute que les opposants ne semblent pas représenter une véritable alternative faute de leadership avéré, estime Alternative citoyenne.

Les élections ne sont pas une faveur !

Au vu du contexte, des conditions et des modalités de ces élections, Alternative citoyenne interroge l’opinion : « Ces élections du 23 décembre seront-elles réellement  de nature à permettre la libre décision du souverain primaire de manière à assurer le droit à l’autodétermination du peuple congolais ? »

Ainsi, comme le dit ce mouvement, il paraît clairement que même avec la participation de l’opposition à ces élections, avec une ou plusieurs candidatures, l’hypothèse la plus probable demeure la tricherie, avec pour conséquence le rejet des résultats. Et de rappeler que ces élections ne sont ni une faveur que Kabila fait au peuple, ni un compromis entre politiciens. C’est un droit fondamental du peuple, des dizaines de Congolais ont été abattus par la police du régime et sont morts en martyrs alors qu’ils réclamaient la tenue de ces élections, conclut Alternative citoyenne.

 

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