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La femme congolaise : compétente mais tenue à l’écart

Tous les 8 mars, coups de cœur et coups de gueule se mêlent. Les médias reviennent sur la journée internationale des droits des femmes dans un Congo où la femme est la moins présente dans les instances de prise de décisions.

C’est ce qu’on peut d’emblée constater en lisant le magazine Géopolis qui rend un hommage particulier à ces « gardiennes de la nation ». Il s’agit des femmes politiques dont le média a rassemblé des photos, avec en tête l’épouse de l’actuel président de la République, Denise Nyakero Tshisekedi. « Personne n’a vu ces femmes, ces mamans, ces dames à genoux et en prière, appelant le Très Haut à conduire son peuple vers des horizons de paix », soupire Géopolis. Et d’ajouter : « Personne n’a vu ces femmes épouses des hommes politiques à qui elles ont conseillé la modération, le sens du partage et du sacrifice pour la nation ?Personne n’a vu ces femmes des soldats panser les blessures de leurs hommes brisés sur le champ du service sous les drapeaux. »

Passer à l’application des lois sur l’égalité

A ce coup de cœur peut succéder, en lisant Radio Okapi, le coup de gueule, sinon un constat désolant d’Angèle Makombo. Cette présidente du parti politique Ligue des démocrates congolais note en effet que « la femme congolaise est absente au niveau des instances de prise des décisions ». « C’est vraiment regrettable », déplore-t-elle, que dans le gouvernement sortant on n’ait eu que 7 femmes sur 59 ministres. Angèle Makombo donne des chiffres : « A l’Assemblée nationale, à peine 10% des femmes, au Sénat 8%, et à la Cour constitutionnelle aucune femme. »

Raison pour laquelle Angèle Makombo suggère aux dirigeants actuels de « mettre en œuvre tous les textes ratifiés pour l’avancement de la cause de la femme ».

Dans le Kasaï, au centre de la RDC pendant ce temps, écrit Le Potentiel, « les femmes exigent 30% dans la formation de la nouvelle équipe du gouvernement provincial ». C’est pour elles une façon d’envoyer un signal fort à la communauté congolaise, dans cette partie du pays où des femmes ont été victimes de viols à la suite des guerres qui l’ont secouée.

Tshisekedi favorable à plus d’implication des femmes

« Nous devons œuvrer en tant que peuple, valoriser notre capital humain en intégrant dans l’ordre des priorités la promotion de la femme », estime pour sa part Félix Tshisekedi, titre Cas-Info. Le chef de l’Etat congolais déclare qu’ « il faudra résolument de nouvelles approches » pour qu’ensemble, le Congo puisse faire « évoluer les mentalités ».

« Félix Tshisekedi a demandé une implication de tous pour travailler à éliminer les obstacles culturels, structurels et institutionnels pour qu’aucune femme ne soit laissée de côté », écrit pour sa part Actualité.cd. Ce média cite en plus le prix Nobel de la paix, le médecin Denis Mukwege qui « a constaté que malgré des discours démagogiques des hommes politiques sur la parité (50/50), consacrée par la Constitution, les statistiques sont là pour nous rappeler la triste réalité ».

Cette triste réalité est telle qu’enfin la femme, pourtant reconnue comme jouant un rôle important dans le développement de la nation, est tenue à l’écart, parfois maltraitée.

 

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