Pendant la coupure de l'internet en RDC le 31 décembre
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Couper l’Internet, une atteinte à nos droits fondamentaux

#31décembre. Je me demande si dans la liste des rebelles et des mouvements citoyens à réprimer par notre gouvernement, il y a aussi Internet. Car à chaque manifestation politique, l’internet est victime de coupures intempestives. Est-il confondu avec les ADF ou les Kamuina Nsapu ?  De grâce, arrêtez de le couper s’il vous plaît !

Nous sommes déjà habitués à des coupures inopportunes d’eau et d’électricité, maintenant nous devons nous habituer aux coupures d’internet. Même si je ne suis pas d’accord avec eux, je commence à comprendre ceux qui disent : « Ennemi ya Congo eza kaka Congolais. » (Seul le Congolais est ennemi du Congo).

On peut comprendre qu’on place des militaires devant nos parcelles sous prétexte de nous « sécuriser » contre des prêtres catholiques armés de crucifix et de chapelets ! Mais de là à couper l’internet à tout un peuple pendant 48 heures, en faisant croire qu’il représente une menace nationale, cela est totalement insupportable. Cela revient à prétendre se protéger d’un crime tout en en commettant un autre. Dites-nous, Facebook et Twitter sont-ils devenus des mouvements rebelles assimilés aux Kamuina Nsapu et infiltrés dans les manifestations des prêtres catholiques ? Pourquoi alors couper l’internet ?

L’expertise dont vous faites preuve pour nous priver si facilement de tout accès à Internet et aux SMS, si vous l’utilisiez pour améliorer la qualité de l’Internet, améliorer la distribution du réseau sur le territoire ou encore en diminuer le coût, ce serait une bonne chose. Je suis sûr qu’il y aurait moins de manifestations dans les rues qu’il n’y en a maintenant.

L’accès à l’internet, un droit universel !

Par le simple fait de couper l’Internet, vous enfreigniez plusieurs de nos droits fondamentaux garantis par la Constitution et les lois internationales. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit », c’est ce que stipule l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Il y a aussi cet autre article de la Charte africaine des droits de l’homme qui dispose : « Toute personne a droit à l’information. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements. » L’ONU a même reconnu récemment le droit à la liberté d’expression sur Internet et à l’accès à l’information. Je me demande si vous vous en rendez vraiment compte !

Si c’est la circulation des fake news qui est à la base de ces coupures d’Internet aux allures de représailles, sachez qu’il existe d’autres moyens pour mener cette lutte. Vous pouvez intégrer l’éducation à l’éthique des nouveaux médias comme obligation dans l’éducation citoyenne. On pourrait même imaginer des amendes à faire payer aux auteurs des fake news… pourvu que l’on soit vraiment en face d’une fausse information. Comme vous le voyez, si le but réel de ces coupures n’est pas celui de bloquer la diffusion en temps réel de l’information lors des manifestations, en usant d’un peu d’imagination et de bonne foi, on peut bien faire les choses.

 


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