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L’autre Kyungu wa Kumwanza que j’ai vu à Lubumbashi (partie 2)

Dans un blog précédent, je vous parlais de Gabriel Kyungu wa Kumwanza décédé en août 2021. J’ai surtout évoqué les réactions des Congolais d’après une histoire bien connue de tous. Une histoire que plusieurs retiennent pour la mémoire de ce politicien, un des plus grands que le Congo ait connus.

Passons à présent à l’autre histoire, celle qui m’intéresse dans ce blog. L’histoire de Kyungu wa Kumwanza, l’autre Kyungu, que j’ai vu à Lubumbashi. Histoire que peu évoquent, pourtant aussi réelle que la première.

Gabriel Kyungu wa Kumwanza

C’est un Kyungu wa Kumwanza qui embrassait Félix Tshisekedi à chaque rencontre. Ce dernier n’était même pas encore président de la République. En novembre 2017, en pleine crise politique à la suite d’un retard dans l’organisation des élections par le régime Kabila, le chef du Rassemblement de l’opposition, Félix Tshisekedi qui succédait à son père Étienne, arrivait à Lubumbashi.

J’étais là parmi les reporters, lors son accueil par ses militants au quartier CRAA à Lubumbashi, à la résidence de Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Félix Tshisekedi, qui appelait ce dernier « papa », était là avec les cadres de son parti.

Certains diraient que c’est de la stratégie, une lutte politique. Bien sûr. Mais tout est politique, si on le veut. Y compris un oui que les mariés échangent devant un officier de l’état civil.

Un allié, un défenseur de l’unité entre Congolais, et appelé « Baba » (père) par le président de la RDC, le fils d’Étienne Tshisekedi… Kyungu m’a donc surpris dans cette posture. Avec Félix, fils d’Étienne dont il fut à la fois si proche et si éloigné, c’est tout un symbole que plusieurs n’ont jamais voulu voir.

Félix Tshisekedi a fait évacuer a fait évacuer Kyungu

Lorsque Félix Tshisekedi a appris l’état de santé préoccupant de Kyungu, il a demandé au gouverneur Kyabula de l’évacuer pour des soins de qualité. Et il a été acheminé en Angola.

Depuis 2019, Kyungu a soutenu Félix alors que d’autres anciens alliés de l’opposition hésitaient ou voulaient voir clairement se manifester les intentions du nouveau président. Le chef de l’État l’a nommé à la tête de la Société nationale des chemins de fer du Congo.

Puis, Kyungu a été élu président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. Là, j’ai pu voir un homme âgé, mais très actif sur des questions de sécurité. C’est quand la province faisait face à une forte insécurité et que celle-ci tendait à dresser une fois encore Kasaiens conte Katangais.

Kyungu a été une de ces voix qui ont dit non aux manipulations. Manipulations par qui ? Des noms n’ont pas été donnés, mais on sait que des personnalités du FCC et du Cach étaient visés.

Tournons la page

Enfin, plusieurs fois, Kyungu a appelé, comme lors d’un meeting à Kasumbalesa, à œuvrer en faveur de l’unité. Une unité entre Congolais. J’en étais donc venu à me demander si entre le Kyungu de 1992, et celui que j’ai vu ces dernières années, il ne faut pas desceller auprès de certains compatriotes, l’intention de voir perdurer les conflits.

Pour ma part, j’ose croire qu’en absence d’une forte déclaration publique dans le cadre de vérité et réconciliation, l’homme a fait du chemin. Et j’encourage sa démarche. Mais aussi l’attitude attentive du fils de son ancien ami/adversaire, Félix, est tout autant un appel à aller de l’avant.

Écrivons une nouvelle histoire, et à défaut d’un pardon, tournons la page.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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