Cour de récréation vide d'une école de Kinshasa après l'annonce par Félix Tshisekedi de l'interdiction de tout rassemblement de plus de 20 personnes pour stopper les contaminations au Coronavirus
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Les mesures anti covid-19 font monter la fièvre en RDC

Alors que la situation socio-économique du pays était déjà fragile, les décisions gouvernementales pour endiguer la propagation du covid-19 risquent de conduire la RDC vers des jours très sombres. Durant la semaine qui s’achève, les médias sont longuement revenus sur les conséquences et les mesures d’accompagnement socio-économiques pour gérer cette situation exceptionnelle.

« Face à la propagation extrêmement rapide de l’épidémie de covid-19 (…), des mesures fortes étaient très attendues », peut-on lire sur La Prospérité. Pour répondre à ces attentes, et lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus, « Félix Tshisekedi décrète 30 jours de suspension d’activités », titre ce journal de Kinshasa.

Accompagner ces mesures impopulaires

Radio Okapi écrit que « la durée de ces mesures pourrait être écourtée ou rallongée au regard de l’évolution de la maladie ». Ces « mesures exceptionnelles » et « impopulaires » vont « dangereusement impacter la situation socio-économique déjà fragile », avait reconnu le président de la République, écrit Le Potentiel.

C’est ainsi que le Parti des démocrates pour la bonne gouvernance (PDG), cité par Le Potentiel, demande au gouvernement de « prendre dans les meilleurs délais des mesures économiques et sociales d’accompagnement ».

Panique et crainte du pire

Si rien n’est fait, il y a risque de voir ressurgir, souligne La Prospérité, «  les remous sociaux économiques des années 90 (NDLR : scènes de pillages au Zaïre) dont les stigmates restent encore perceptibles ». C’est ainsi que « pour prévenir la rupture de stocks de denrées alimentaires à travers le pays », Zoom Eco révèle que le chef de l’État a demandé au gouvernement de s’activer en mode « urgence ».

Ce qui est sûr c’est que l’onde de choc a déjà gagné plusieurs coins du pays. « Des supermarchés à Kinshasa sont pris d’assaut 24 heures après des mesures de restriction » et « les prix des produits de première nécessité ont pris légèrement de l’envol », pointe Forum des As. À Lubumbashi, « jeudi, le prix du sac de farine de maïs de 25 Kg est passé de 35.000 à plus de 80.000 francs congolais » suite à des « spéculations » renseigne Actualité.Cd. « Au marché central de Bunia, c’est la confusion », ajoute pour sa part le site de la radio onusienne (Radio Okapi).

Agir vite pour sauver les meubles                                

Devant cette panique généralisée, la ministre de l’Économie monte au créneau afin de remettre le train sur les rails. Elle « appelle les opérateurs économiques au respect des dispositions légales dans la fixation des prix » et « met en garde » les récalcitrants, lit-on sur Radio Okapi.

Et pour aider le gouvernement à éviter le pire, « Matata Ponyo préconise 15 mesures pour amortir les chocs économiques du covid-19 », titre pour sa part Zoom Eco. Parmi ces mesures, on retrouve notamment : « La diminution du train de vie des institutions politiques », « l’exécution prioritaire des dépenses de santé dans le budget de l’État » et « la diminution de la taille du gouvernement ».

 

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