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Plainte contre quatre entreprises complices des coupures d’Internet en RDC

Après les coupures d’internet intervenues en RDC de 2016 à 2018, huit ONG de droits de l’homme ont déposé le 15 février 2018 une plainte au tribunal du commerce de Lubumbashi. Elles dénoncent des violations du droit d’accès à Internet sur des abonnés des sociétés de télécommunications Airtel, Vodacom, Orange et Africell.

Déjà je suis presque sûr que cette action ne produira pas d’effets immédiats en RDC, où la justice subit des pressions politiques. Mais je suis toutefois heureux de savoir que mon vœu va se réaliser : poser la responsabilité de chacun.

Journaliste en ligne et blogueur depuis des années, l’internet est mon capital et mon bénéfice. M’en priver équivaut presque à m’ôter la vie, et je ne suis pas prêt à me laisser faire. Déposer une plainte, je ne pouvais y aller seul, j’ai donc profité de la latitude que la loi me donne pour me constituer en groupe et porter plainte contre les télécoms qui facilitent des violations massives des droits humains dans mon pays.

On a peur de défendre ses droits en RDC

Avec qui alors y aller ? Tous. Non, la plupart des Congolais ont peur. Peur, alors que leurs crédits téléphoniques sont perdus lors des coupures intempestives d’Internet, sans être remboursés. J’ai alors contacté l’Institut de recherche en droits humains, IRDH, une ONG congolaise de droits de l’Homme basée à Lubumbashi.

Les huit ONG indignées par les coupures d’Internet, à l’instar de l’IRDH, ont porté plainte sur la violation des chapitres II, III et IV des directives de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il s’agit des chapitres relatifs aux principes généraux, à la publication d’information et aux droits de l’Homme. Ces entreprises de télécommunications ont commis un manquement à leur obligation de fournir des services aux Congolais qui avaient pourtant payé d’avance des forfaits Internet contre promesse de garantir l’utilisation de ces forfaits.

Plusieurs journalistes et blogueurs de Lubumbashi sont aussi parmi les victimes qui se plaignent contre les télécoms. Pourtant, ces sociétés ne cessent de nous inciter à communiquer. « Activez… recevez… choisissez… », entend-on dans leur publicité à la radio comme à la télévision. Elles multiplient des appels aux abonnés. Voilà que quand nous nous connectons, elles coupent Internet.

Quand télécommunication rime avec répression

Dans leurs pays d’origine, (la société française Orange par exemple), ces entreprises de télécoms sont obligées de respecter les droits humains et ceux de leurs clients. Elles affichent même, dans la mesure du possible, leur distance vis-à-vis des pouvoirs publics. Mais dans mon pays la RDC, elles se trouvent à faciliter des violations des droits de l’homme.

On tue en RDC, le pouvoir coupe Internet pour que cela ne soit pas connu, et ces compagnies coopèrent. Le peuple se lève, veut se mobiliser contre l’injustice et ses dérives, le gouvernement censure, et les télécoms coopèrent. Je me demande si cela peut être possible en France ou en Afrique du sud. C’est incroyable et injuste, mais aussi contraire à la morale et au bon sens. D’autant plus qu’aucune étude sérieuse n’a établi la relation de cause à effet entre l’accès à Internet en RDC, et des violences dans les rues des villes congolaises.

 


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Les commentaires récents (2)

  1. C’est vraiment insensé d la part d ces sociétés qui oublie qu’elles ne sont pas implantés au congo pour faire la politique mais pour vendre les services d communication,
    Sur ce j m’en vais saluer cette l’initiative car si jamais le congolais n s’est pas prononcer alors ces médiocres croirons que c’était aussi passé inaperçu que ça!!!!!

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