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Les policiers congolais peinent à nouer les deux bouts

Ils sont mal payés et soumis à des conditions de travail dégradantes. Avec en plus des familles à leur charge, la vie de ces hommes en kaki bleu qui sécurisent les populations et les biens est un vrai calvaire en RDC. Certains se voient obligés de faire des combines avec certains malfrats pour nouer les deux bouts. Il suffit de s’arrêter un temps dans certains coins de Kinshasa pour voir le partage des gains du crime entre policiers et voyous après un semblant d’interpellation.

Nous sommes habitués à ces policiers qui demandent l’aumône dans les rues. D’autres usent de leurs armes pour se servir dans les poches de paisibles citoyens afin de subvenir à leurs besoins. Ils disent en lingala : « Civil aza bilanga ya policier », « un civil est une plantation du policier. » Nos policiers se servent dans les poches des hommes et des femmes qu’ils sont censés sécuriser en utilisant des combines sans scrupule.

Il est fréquent de constater comment des policiers s’allient aux voyous dans certains quartiers. Ils inventent des infractions sur des passants et menacent de les arrêter avant de leur proposer au final un arrangement en échange de quelques billets de francs congolais. Le gain du crime fera l’objet de partage entre policiers. S’ils arrêtent un bandit, ils finissent par le libérer rapidement moyennant de l’argent, et ce, malgré la dangerosité du bandit.

Cette situation s’observe au quotidien souvent aux abords des stades lors des matchs et autres grands rassemblements, mais aussi dans nos marchés devenus terrain de chasse de ces bandits qui opèrent avec arrogance.

La population a perdu confiance en la police

Cette image négative que renvoient certains policiers ne fait que ternir un peu plus le blason de la police nationale congolaise et renforce la crise de confiance entre la police et la population. Les statistiques mondiales de la sécurité intérieure des États en 2016 a démontré que la confiance de la population dans la police congolaise était inférieure à la moyenne de l’indice mondial.

Les efforts déjà consentis par la République en vue de la professionnalisation de la police congolaise – entre autre l’instauration du concours d’entrée au corps de police, la formation des unités de polices et leur équipement – n’ont pas résolu l’épineux problème du quotidien du policier congolais qui est presque abandonné à son triste sort, avec un salaire de misère et travaillant dans des conditions indignes. Classée dans le top 5 des pires polices au monde selon le rapport de l’Indice mondial, la police congolaise est l’un des mauvais services de l’État que les jeunes Congolais rêvent rarement d’intégrer en raison des pratiques qui y règnent.

Les policiers congolais sont aujourd’hui victimes d’une indifférence totale des autorités. Leur situation n’émeut presque personne. La voix du policier congolais est étouffée par l’interdiction qui lui est faite d’aller en grève ou d’adhérer à un syndicat. Il est également dépourvu du droit de vote. Les politiciens, une fois aux affaires, ne tournent pas le regard vers cette catégorie de nos concitoyens qui pour vivre sont obligés de se transformer en ennemi de la population.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Et voilà pourquoi certains se tournent vers la Justice Populaire. Que ça change pour que les autres changent aussi.

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