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Au Kasaï-Oriental, les diamants de la Sacim appauvrissent la population

Implantée en 2013 sur le gisement diamantifère de Tshibwe à Boya en territoire de Miabi au Kasaï-Oriental, la société Annui-Congo d’investissement minier (Sacim) gérée par des Chinois crée des tensions avec les populations locales. Et pour cause, le diamant de cette partie du Kasaï-Oriental est exploitée par ces Chinois sans aucune contrepartie en faveur des autochtones. Ces derniers croupissent dans leur misère pendant que les millions de dollars de leurs diamants ne profitent qu’aux Chinois et à ceux qui les protègent. La cité de Boya n’a plus d’avenir à cause de géants ravins qui la rongent sous les regards indifférents de la Sacim et des autorités congolaises.

Contrairement à la société Miba qui a au moins construit une partie de la ville de Mbujimayi, la Sacim ne s’intéresse qu’à l’exploitation et l’exportation du diamant industriel, sans rien faire en faveur des populations locales. Une exploitation excessive et destructrice qui ne profite qu’aux Chinois et à certaines autorités congolaises.

Financée en 2013 par l’entreprise chinoise AFFEC à hauteur d’un demi-million de dollars pour un partenariat à parts égales entre la Chine et la RDC, soit 50% de part chinoise et 50 autres de part congolaise, la Sacim produit du diamant de tout type de qualité depuis bientôt cinq ans. Environ 10 000 carats par mois, sans compter les gros diamants produits en pièces uniques. La production est de plus en plus abondante et florissante, surtout que la couche mère kimberlitique est encore presque vierge sur cette partie du Kasaï-Oriental.

La Sacim exploite notre diamant par la force

En dépit des attentes de la population et des prescrits du code minier congolais, la Sacim n’a construit aucune infrastructure scolaire, sanitaire ou routière au bénéfice des populations locales de Kakangayi et de Movo-Nkatshia en territoire de Miabi où l’entreprise est implantée.

Des plaidoyers et des revendications menées par la société civile et les acteurs politiques auprès du pouvoir central sont restés sans suite. Plus grave, la province du Kasaï-Oriental elle-même perçoit difficilement les taxes dont la Sacim lui est redevable. C’est le cas de la taxe pour le développement provincial légalement reconnue dans la nomenclature en vigueur. Les responsables de la Sacim s’entêtent en ignorant les droits locaux. Tout ce qui les intéresse c’est l’exportation de notre diamant. Il y a lieu de se demander de qui tirent-ils leur force au Congo. Quelle est la main noire qui les entête et les protège au détriment des ayants droits congolais ?

Des travailleurs congolais maltraités

Le personnel congolais de la Sacim n’est pas bien traité par les Chinois. Environ 600 Congolais sont employés contre plus de 1 200 Chinois. La main d’œuvre chinoise est mieux rémunérée que celle congolaise. Pourtant, ce sont les Congolais qui sont affectés aux travaux les plus difficiles. Le mécontentement est général. Cette disparité de rémunération est à l’origine des tensions qui ont prévalu en novembre dernier entre les travailleurs de deux parties.

De plus, la route principale reliant la ville de Mbujimayi à la cité de Boya, centre d’exploitation de la Sacim, n’a jamais été asphaltée comme le prévoyaient les accords signés par cette entreprise. Cette voie routière s’est détériorée davantage à la suite des pluies torrentielles d’octobre et de décembre 2017.

La pauvreté des populations galope

La crise économique et financière à Miabi s’est accentuée. Les concessions minières de la Sacim sont clôturées et sécurisées par des militaires contre des populations qui jadis ne gagnaient leur pain quotidien que grâce à l’exploitation artisanale du diamant autour des carrés miniers de la Sacim. Ne pouvant plus y accéder, ces populations ne savent plus à quel saint se vouer. Le milieu est devenu invivable. Elles se demandent : que faire ? Où aller ?

A ce jour la crise, la pauvreté et le mécontentement des populations locales sont tels que la société civile menace d’organiser prochainement une marche contre la Sacim.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Nous avons besoin de devenir mieux.organisés et agir de sorte que l’impact positif s’en ressente dans la.vie de nos concitoyens…

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