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8 mars : ces femmes qui font avancer le Congo

À l’occasion du 8 mars, journée mondiale de la femme, Habari RDC présente cinq femmes congolaises  exceptionnelles. Voici une compilation de textes publiés par Habari RDC sur ces femmes spéciales.

« Elles sont avocates, infirmières, mères de famille et nos fiancées. Elles sont générales, romancières, pilotes de ligne et femmes au foyer ». Ces paroles de la chanson intitulée : « Des femmes sur le toit du monde » du chanteur Julio Iglesias, ont un sens particulier, même au Congo. Des femmes exceptionnelles nourrissent des familles, innovent ou donnent de l’emploi à de nombreuses personnes. Elles sont dans l’agriculture ou dans l’artisanat ; en politique ou dans l’humanitaire. Elles sont Congolaises et font du bien autour d’elles.

D’abord Magnifique, 32 ans, une veuve de Goma. Elle nourrit et scolarise sa fille en vendant des gants de toilette « linyuka » qu’elle confectionne localement et à la main. Chaque jour, elle parcourt à pied une distance de seize kilomètres pour faire son commerce. Elle a refusé de se remarier pour se consacrer uniquement à l’éducation de sa fille. « J’ai juré de ne pas me remarier avant que ma fille ait atteint sa majorité. Je ne crois pas vraiment qu’il existe un homme disposé à me prendre en charge et à aimer ma fille comme sa propre fille. Je ne veux pas que ma fille souffre. Parfois, les hommes disent que je suis folle. Mais pour l’amour de ma fille et pour son bien-être, je donnerai tout ! », aime-t-elle à dire.

Santa  Aziz-Souleymane est aussi une femme exceptionnelle. Elle tient une ONG à caractère social et vient en aide aux nécessiteux, aux sans-abris, aux orphelins et aux personnes vulnérables. Ses activités couvrent l’Afrique subsaharienne en général et la RDC en particulier. Son programme pour l’année 2016-2017 prévoit de faire des dons de fournitures scolaires, mais aussi de payer les minervaux pour les élèves. Santa Aziz Souleymane visite également des orphelinats pour se mettre à l’écoute des enfants et de leurs responsables.

Cette musulmane ne discrimine pas les personnes auxquelles elle vient en aide. « Notre vision est de procurer le bien-être aux orphelins quelle que soit leur religion. Qu’ils soient dans un orphelinat laïc ou musulman, Maisha Mazuri oeuvre avec eux. Nous ne faisons pas de distinction de race, de culture, de religion, ni même d’orientation sexuelle. Notre comité directeur est composé de membres de différentes obédiences. Nous sommes liés par notre quête consistant à procurer le bien-être aux orphelins, quels qu’ils soient ! », avait-elle déclaré dans une interview à DKM.

Une autre femme de valeur : Kanyere  Muswagha Soki. Son histoire est toute particulière. Âgée de 33 ans, Madame Kanyere Muswagha n’a jamais été à l’école. Ses parents n’ont pas voulu la scolariser parce qu’elle est handicapée physique. Aujourd’hui, elle est motarde à Goma ; elle fait le transport transfrontalier entre la RDC et le Rwanda. Tous les jours, Madame Kanyere fait face aux moqueries d’autres femmes qui pensent qu’elle fait un métier d’homme. Elle n’a pas peur d’affronter les tracasseries douanières à la frontière, mais aussi les embouteillages sur les routes de Goma. C’est avec fierté qu’elle déclare : « Ce que je possède aujourd’hui c’est le fruit d’un dur labeur, le souci de réussir pour m’identifier comme une femme et pas comme une handicapée. » Grâce à  ses propres économies, elle s’est acheté un tricycle qu’elle conduit tous les jours.

Dans l’agropastorale, il existe  une « altesse » au Nord-Kivu. Lydie c’est son nom, la reine de la pomme de terre. Une variété de ces tubercules porte même son prénom. Mère de six enfants et fille d’agriculteur, Lydie s’est battue, malgré le pessimisme de beaucoup de personnes, pour mettre au point la variété « Lydie » plus rentable et plus résistante que d’autres. « Il a fallu avoir un courage exceptionnel pour mener à bien ces recherches avec les moyens du bord. Les gens ne pensaient pas que l’on y arriverait. Pour eux, les semences devaient venir de Bukavu, de Kinshasa ou de l’étranger », affirme Lydie. Ses recherches actuelles sont basées sur une race hybride de café.

Enfin, si vous allez dans le Rutshuru, vous trouverez une star unique en son genre : Marie-Thérèse, une coiffeuse d’homme exceptionnelle. Son talent dans toute la cité n’est plus à démontrer. Si bien qu’un adage local dit : « Si tu te fais raser par cette dame, tu ne voudras plus fréquenter d’autres salons de coiffure ! » 40 ans et mère de quatre enfants, elle exerce ce métier depuis plus de quinze ans après l’avoir appris à Kampala en Ouganda. Elle nourrit sa famille et scolarise ses gosses. Marie-Thérèse est aussi un exemple de ces héroïnes ayant dépassé les stéréotypes de la société conservatrice congolaise qui veut que certains emplois soient vus comme exclusivement masculins.

Toutes ces femmes méritent des hommages en ce 8 mars. Jour après jour, les femmes congolaises mènent leur combat pour la reconnaissance de leurs droits.

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