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Il a décuplé son investissement en trois ans grâce à l’agriculture, l’histoire de Christian Mugisho

Christian Mugisho Nshalanyofi est l’un de rares jeunes entrepreneurs de la région des Grands Lacs dans le domaine de l’élevage. Aviculteur, fournisseur de poussins, producteur d’œufs, propriétaire d’une porcherie, Christian est non seulement un passionné de l’élevage mais également un créateur d’emplois. A 28 ans seulement, ce jeune ingénieur agronome est fondateur et responsable de la société Kivu Kuku Poultry farm.

Cela fait plus d’une année maintenant, soit depuis décembre 2016 que, fraîchement sorti de l’université et révolté par la rareté de l’emploi en RDC, Christian s’est lancé dans l’aviculture en créant sa propre entreprise dans la Plaine de la Ruzizi (province du Sud-Kivu) qu’il dénomme Kuku Kivu Poultry Farm. Avec quatre départements, notamment celui de l’incubateur des œufs, de poulets de chair, une porcherie et le département de production des œufs en cours d’installation, l’entreprise de Christian Mugisho se veut être une industrie de volaille moderne. Il produit en moyenne 500 poussins par mois et 500 poulets de chair dans la même durée. Il y a également 2 truies en gestation et la production des œufs qu’il lance officiellement très bientôt après une acquisition de cages d’une capacité de 120 poules pondeuses. 

Des poules de quelques jours, à la  Kuku Kivu Poultry Farm.

De 500 à environ 5000$ en moins de 3 ans

Actuellement avec un chiffre d’affaires annuel estimé à au moins 5000 dollars américains, le jeune entrepreneur Christian se souvient être venu de presque nulle part. « Un jour, pendant une activité de terrain à Luvungi, explique-t-il, je suis tombé sur un paysan qui m’a proposé de louer son champ d’une superficie d’un hectare. Je suis rentré à la maison et j’ai convaincu mon tuteur de me prêter 500 dollars américains. Avec une partie de cette somme, j’ai loué deux autres hectares toujours dans la Plaine de la Ruzizi et le reste a été affecté aux travaux champêtres. J’ai cultivé le maïs et vendu la farine dans la ville de Bukavu. C’était le début du long et fructueux voyage entrepreneurial ».

Ce n’était pourtant pas une réussite assurée pour cet entrepreneur. Car juste après, il a été refroidi par un contrat signé avec une organisation pour la production de semences de qualité de haricots bio fortifiés, contrat dont il qualifie les clauses de décevantes. Mais cette déception ne l’a pas du tout arrêté. « Cela a été au contraire un nouveau souffle », affirme-t-il. Un nouveau souffle qui lui a valu par exemple d’être l’un des 20 jeunes gagnants du concours Africa Youth in Agribusiness Day Challenge 2017, à Dakar, au Sénégal. Il est également boursier des Fonds Ngangi pour le coaching en entrepreneuriat et business.

En entreprenant, Christian essaie toujours d’innover ses techniques.

« Un problème communautaire est une opportunité pour un entrepreneur »

Au Nord-Kivu il a profité d’une mesure provinciale de suspension des importations des volailles et leurs sous-produits. Cette mesure a accentué la pénurie dans la province qui présente une quasi dépendance à l’importation des produits avicoles venants du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi et du Kenya.

« Un problème dans une communauté est une opportunité pour un entrepreneur », raconte Christian Mugisho, « c’est ainsi que, motivé à apporter une solution à ce réel problème, j’ai commencé à investir dans l’industrie de Poultry au Nord-Kivu en créant la société Kivu Kuku Poultry Farm SARL qui reste l’unique société de production de poussins d’un jour dans la province ».

Christian Mugisho recevant le deuxième prix au concourt Amani entrepreneurs.

Cette innovation s’est révélée salvatrice pour les éleveurs dans la région et a fait de lui l’un de 4 gagnants du prix Amani entrepreneurs de la 5è édition organisée par le Festival Amani.

Christian est un modèle pour les jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat.

 


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Les commentaires récents (2)

  1. Des jeunes utiles dans un pays sans subvention de l’État.
    J’aime bcp cette faculté. Au lieu de rester cloîtrer à former les journalistes, économistes, c’est mieux d’encourager l’agronomie…

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