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Ce cauchemar qu’est la machine à voter en RDC

Je suis de ceux qui pensent que l’électeur congolais n’est pas encore prêt pour des élections avec la machine à voter. La preuve, à Mbujimayi, même des candidates aux législatives et aux provinciales ont du mal à manipuler cette technologie électorale. Et c‘est la faute à la Céni qui ne nous a pas facilité la tâche. Elle aurait dû mettre la machine à voter à la disposition de tout le monde pour expérimentation. Beaucoup ne découvriront cette machine que le jour du scrutin.

Grand a été mon étonnement il y a peu lors d’un atelier de mise à niveau organisé à l’intention de 50 femmes candidates de la province du Kasaï-Oriental. Beaucoup ne connaissaient pas la machine à voter, et ne l’avaient jamais vue. Au cours  de cette rencontre sur le processus électoral, les participantes devaient faire de la simulation de vote sur une machine à voter apprêtée par la Céni. Mais ce que j’ai vu me pousse à me poser des questions sur ce qui va se passer le jour des élections. Cette technologie électorale est encore un cauchemar pour bon nombre de compatriotes, surtout les vieilles femmes. Il faut du temps pour s’y habituer.

D’abord, au moment où la Céni a installé la machine sur l’estrade pour la démonstration, tout le monde s’est mis à crier : « Machine à voler ! Machine à voler ! Machine, machine ! » Ces cris, vous vous en doutez, m’ont fait croire que toutes ces personnes l’avaient peut-être déjà expérimentée pour crier qu’elle sert à voler les votes. Or il n’en était rien. Quand le personnel de la Céni a fini d’installer son matériel, il s’est adressé à l’assistance en ces termes : « Qui parmi vous a déjà utilisé  la machine à voter ? » Dans la salle, silence de cathédrale. Les participantes se regardent les unes les autres. Certainement qu’elles n’en entendaient parler qu’à la radio ou à la télévision.

Moins d’une minute à passer devant la machine à voter ?

Peu de temps après, j’aperçois dans la salle à peine trois mains en l’air sur la cinquantaine de participantes. Les autres ne savaient même pas ce qu’est une machine à voter. Plus grave, ce sont des femmes candidates ! Mais à qui la faute ? Je me suis demandé si tel est le cas en pleine ville de Mbujimayi, quelle pourrait être la situation dans nos villages où le taux d’analphabétisme est très fort ? C’est la preuve que la Céni n’a pas assez vulgarisé cette machine à voter. Une des femmes s’est levée comme pour relever le défi. Elle tente de montrer qu’elle sait utiliser la machine, mais ce fut la catastrophe : elle était toute perdue et a fini par rentrer se rassoir. Pourtant la Céni nous a fait croire que l’électeur n’aura que moins d’une minute à passer devant la machine le jour du vote, mais ici j’ai vu une seule personne rester jusqu’à près de 10 minutes sans parvenir à voter. Formidable !

Ainsi, vous conviendrez avec moi que si les femmes candidates sont elles-mêmes incapables d’utiliser la machine à voter, que pourrait-on attendre des électeurs lambda ? Moi je pense que la Commission électorale nationale indépendante devrait encore prendre tout son temps pour sillonner le pays et expliquer convenablement à la population le fonctionnement de cette technologie.

 

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