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Rendre à César ce qui est à César ?

Lors de sa dernière conférence de presse, le président Kabila, parlant des manifestations de l’Eglise catholique, a insisté sur cette phrase biblique : « À César ce qui est à César. » Une façon pour lui de dire à l’Eglise catholique de ne pas se mêler de la politique en RDC. Mais toute la question est de savoir si l’expression « Rendre à César ce qui est à César » a réellement le sens que le président lui donne. Doit-elle s’appliquer seulement à l’Eglise ou également aux autorités ?

À son époque, Mobutu s’était lui aussi réfugié dans cette expression pour s’opposer aux actions de l’Eglise contre son régime. Or, « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ne signifie pas que l’Eglise doit laisser César exterminer la population, violer les droits de l’Homme, détourner les deniers publics, etc. César devrait comprendre que ses gouvernés sont également des fidèles de l’Eglise. Répondant à une question sur la BBC après la répression de la marche des laïcs catholiques du 21 janvier 2018, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo, l’abbé Donatien Nshole avait indiqué que « la population appartient à Dieu et non à César. »

Le président Kabila ne devrait pas oublier que l’Eglise a toujours prié pour les autorités et pour le bien du Congo. Elle a toujours exhorté les fidèles à être de bons citoyens en payant les taxes, les impôts et autres redevances dues à l’État. Pour cela, le gouvernement aurait dû avoir un peu de gratitude envers les temples et les hommes de Dieu. Or, à voir la manière dont les forces de l’ordre ont tiré sur les chrétiens le 31 décembre, le 21 janvier et le 25 février, cela prouve que si nos policiers voyaient Dieu lui-même dans la rue ce jour-là, elles auraient vite tiré sur lui pour en finir avec l’Eglise. Pour moi, le chef de l’Etat a intérêt à se réconcilier avec l’Eglise et non à entretenir un bras de fer.

Une Église conflictuelle ?

L’Eglise ne devrait pas, elle, oublier son rôle de rassembleur de tous les Congolais. Politiciens et laïcs, chacun se dit chrétien et fréquente une Eglise quelconque. Nos évêques et pasteurs doivent encadrer tout le monde. « Rendre à César ce qui est à César » a été une expression utilisée par Jésus en son jour pour pousser ses disciples à reconnaître les autorités politiques établies, mais aussi à payer les taxes et les impôts.

Je reste convaincu que les actions de l’Eglise catholique visent à favoriser la démocratie et le bien-être de la population. Car à mon avis, les autorités devraient aussi accepter que l’adage « rendre à César ce qui est à César » peut avoir plus d’une interprétation. Elle peut aussi vouloir dire que les gouvernants ont le devoir de donner à la population ce qui lui est dû. Par exemple : les élections, le respect des droits de l’Homme, l’eau, le courant, la sécurité, etc.

 


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