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Fungurume, une cité minière sans éclat

J’ai longtemps cru que Fungurume, cette cité du Katanga qui abrite l’une des plus grandes entreprises minières du pays – notamment Tenke Fungurume mining (TFM) serait un lieu de vie plus moderne. J’ai cru qu’elle serait différente de certaines autres cités du Congo où l’on a du mal à trouver des infrastructures modernes. Or il n’en est rien.

Mon récent séjour à Fungurume m’a déçu. Pendant que le pétrole a permis de construire Dubaï, les Emirats Arabes-Unis ou le Koweït, Fungurume qui produit cuivre et cobalt, continue à vivre dans un style de vie primaire et révoltant. Jamais la tonne de cobalt n’a atteint les 100 000 $. Vous le savez bien. Jamais aussi le Congo n’a produit plus d’un million de tonnes de cuivre en une année, depuis la colonisation jusqu’au début de la décennie 2010. Mais cette cité où trône TFM, tout comme d’ailleurs d’autres cités minières du Katanga, reste abandonnée à elle-même.

Bien plus encore, elle se détériore, à mesure que sa population augmente exagérément, à cause de l’exode rural. Un exode sans doute provoqué par le rêve du mieux-être que procureraient les activités minières. Il n’y a presque pas de routes dans la cité de Fungurume, à part la principale menant à Kolwezi. Pourtant, tout ce qui fait généralement vivre la ville y est : bars, églises, écoles, maisons closes… La cité figure même parmi les sites à hauts risques d’infections au VIH.

TFM : des Américains aux Chinois

Kapend (nom changé), travaille dans une banque locale. Il explique que « les Chinois ont depuis peu racheté la grande entreprise minière locale gérée avant par des Américains ; et ils remplacent de plus en plus l’ancien personnel pour s’implanter solidement ». Cela veut dire pour lui que c’est le début de la fin de tout ce qui a fait rêver tant de Congolais d’une carrière à TFM. Entre les mains des Américains, Tenke Fungurume mining faisait rêver de bons salaires, qui n’existent que rarement dans les entreprises chinoises et congolaises.

C’est peut-être aussi le résultat des promesses non tenues. Un plan a été annoncé, il y a quatre ans, pour faire de Fungurume une ville digne de ce nom. Un projet dans lequel TFM et l’Etat congolais devaient s’impliquer, en bâtissant des maisons et des infrastructures de base d’une ville moderne.

Cité très pauvre au sous-sol très riche

A ce jour, les quelques maisons bien bâties qui y existent appartiennent soit à des banques, soit aux entrepreneurs. Peu appartiennent aux habitants locaux. La plupart vont bâtir leurs maisons à Lubumbashi, à Kolwezi ou ailleurs. La cité minière qui enrichit les grandes filiales est incapable de transformer ne serait-ce que son image. Fungurume n’est pas digne de la réputation qu’elle s’est créée depuis l’exploitation à grande échelle du cuivre et du cobalt du Katanga.

Et je ne parle pas de la grande pauvreté dans laquelle baignent des milliers de personnes qui s’entassent dans de petites maisons. Alors qu’elle devrait être l’une des plus belles villes de RDC, Fungurume fait penser à un camp de réfugiés.

 


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