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Pourquoi fixer un plafond au prix de la dot ?

La dot doit rester facultative et s’adapter selon les coutumes. C’est mon point de vue. Si jadis, on demandait le sel, la noix de cola, le fusil, la chèvre ou encore la vache comme dot, il faut bien se mettre à l’esprit que c’étaient des choses utiles à l’époque et constituaient des objets de valeur. Et même aujourd’hui, 200 dollars peuvent avoir la valeur de 2000 dollars dans certains villages de la RDC.

Contrairement à Glodi, fonctionnaire de l’Etat, qui estime que 500 dollars pour la dot c’est beaucoup, Don Momat et Aimé Kazika, tous deux maris et pères de famille, donnent un autre point de vue. C’est également la position soutenue par Fréderic Lova, un jeune célibataire qui aspire au mariage. Pour ces derniers, le problème n’est pas dans le prix de la dot, il est ailleurs. Je résume leurs propos.

L’argent de la dot est consommé par la famille de l’homme lors de la fête coutumière

En Afrique, particulièrement en RDC, l’union de deux personnes par le lien du mariage est un moment de réjouissance. Cela mérite d’être célébré dans une grande fête. Certaines personnes estiment qu’aujourd’hui, la dot est fixée en fonction des sacrifices consentis par les parents de la fille. Pour Don Momat, ça reste une exception. D’ailleurs, il n’y a pas de statistiques pour le prouver dit-il. Selon lui, le prix exorbitant de la dot est justifié du fait que cet argent est consommé par la famille de l’homme, lors de la fête qui, dans certaines coutumes, peut réunir jusqu’à plus de 150 personnes. La moyenne dans une réception ordinaire étant au maximum de 15 à 20 dollars par personne. Toutefois, cela n’est valable que pour Kinshasa et quelques villes. Dans d’autres provinces, on n’organise pas de grandes cérémonies très coûteuses lors de la remise de la dot comme à Kinshasa.

C’est la pauvreté qui empêche les jeunes de se marier

Si le député Daniel Mbau pense que c’est la somme exorbitante de la dot qui empêche les jeunes de se marier, il se trompe, a déclaré Aimé Kazika. Il poursuit en disant, 1500 ou 2000 dollars ce n’est pas beaucoup d’argent pour certains. Sinon, c’est la pauvreté et le manque d’emploi rémunérateur qui empêchent les jeunes de se marier. Le peu de jeunes qui travaillent sont mal payés. Même en faisant les petites économies, les jeunes éprouvent des difficultés à rassembler le nécessaire pour nouer les deux bouts. En d’autres termes, il nous faut plutôt des lois qui améliorent la vie sociale des jeunes Congolais, a-t-il conclure.

Quant à Fréderic Lova, fixer la valeur de la dot à 500$ pour les villes et 200$ pour les zones rurales, c’est chosifier la femme. Quelles que soient les cultures ou les pays, la dot a une valeur symbolique. Ce geste symbolique ne doit pas être réduit à un montant quelconque. Depuis la nuit de temps, l’homme a toujours souffert pour conquérir le cœur de la femme. C’est naturel et sociétal, a-t-il affirmé.

Un dicton dit : « L’homme peut promettre le ciel à une femme pourvu qu’il gagne son cœur », pour dire : l’homme peut tout faire pour épouser sa femme.

 

*Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence suédoise de développement international (ASDI), de l’USAID, du gouvernement suédois et du gouvernement des États-Unis.

 

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