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Quand la révolution du Che était appréciée chez les Kabila

Révolution, révolte ou r-éveil citoyen, la réalité est la même. Qu’il s’agisse d’Ernesto Che Guevara, venu soutenir la rébellion muleliste aux couleurs marxistes au Congo de Lumumba, ou qu’il s’agisse, en revanche, de l’exportation de la résistance sénégalo-bukinabè avec les mouvements Y’en a marre et Balais citoyen en RDC avec Filimbi et Lucha. Dans tous ces mouvements, je vois la solidarité des jeunes.

Pour commencer ce propos, je préfère dire à nos lecteurs que ce texte n’est pas une attaque contre le président Joseph Kabila. Il ne peut pas non plus être pris comme la défense d’une insurrection quelconque. Je sens monter en moi un devoir de mémoire, alors que  l’on célébré l’année dernière les 50 ans depuis le décès de Che Guevara.

C’est un touchant article de Lemonde.fr qui réveille en moi l’idée de faire ce parallèle qui débouche sur un constat de mauvaise foi. C’est même un constat d’ignorance de l’histoire de la RDC par le camp Kabila au pouvoir à Kinshasa. Et que ce Joseph Kabila, alors successeur de son père Laurent-Désiré, l’homme qui a rampé en cette année 1965, aux côtés du Che sur les collines surplombant le majestueux lac Tanganyika.

Le devoir d’ingérence, mieux le soutien aux frères… ?

Cette année-là, le Cubain venait exporter (et assurer le service après-vente en même temps) la révolution cubaine au Congo. Che, en cette année était au Congo, combattant les assassins de Patrice-Emery Lumumba réputé communiste. Illégale, cette action ? Mais reconnaissons que le Cubain n’avait nullement de remord d’agir ainsi. C’est l’opiniâtreté de l’idéologie (marxiste), et surtout la têtue assurance de faire ce qui est juste.

Je veux bien que l’on constate un fait ici : pour venir en aide à ses proches, on n’a pas besoin d’invitation lorsque ceux-ci se trouvent en danger ou sont dans le besoin. Tout le monde sait, en effet, comment brutalement l’installation de Mobutu au pouvoir, conséquence de l’assassinat de Lumumba que le rebelle Kabila (père) défendait dans la rébellion de Pierre Mulele, avait précipité la RDC dans l’instabilité. C’est sur base du même principe – certains contrediront cette comparaison – que les Etats-Unis sont intervenus dans la seconde guerre mondiale avant tout européenne.

Joseph Kabila ne devrait pas réprimer Filimbi et Lucha

Tout le monde a vu avec quel acharnement le régime du président Joseph Kabila réprime les mouvements citoyens Filimbi et Lucha. En 2015, alors qu’ils voyaient le régime virer lentement vers la dictature, ces mouvements ont reçu l’encadrement et les conseils de Y’en a marre, le mouvement sénégalais qui a contribué à stopper la tentation d’un troisième mandat d’Abdoulaye Wade contre la volonté populaire.

Des mois plus tôt, en plus, le mouvement burkinabè Balais citoyen venait de contribuer à chasser (balayer) du pouvoir le président Compaoré tenté par le désir d’une présidence sans fin. Des émissaires avaient même été envoyés au Burkina pour apprendre comment Compaoré faisait pour s’accorder un mandat interdit. Pendant ce temps, le régime de Kabila emprisonnait Lucha et Filimbi. On est fin 2017 : la présidentielle attendue en 2016 est fixée à fin 2018.

Deux leçons à retenir

Le président Kabila n’a pas compris deux choses :

  1. En tant que successeur de Laurent-Désiré Kabila, il n’est pas l’homme qui doit réprimer la résistance. Ce serait tuer Kabila Laurent-Désiré, celui-là même qui a accueilli Ernesto Che Guevara dans l’espoir d’un changement au Congo.
  2. Filimbi et Lucha sont différents des rébellions de Pierre Mulele qui avait embarqué Laurent-Désiré Kabila dans sa lutte. Ils n’ont pour arme que leur voix. Ils ne demandent pas autre chose que la justice, l’équité et le respect de la parole donnée. Joseph Kabila devrait savoir que ses vrais ennemis sont sa majorité qui l’induit en erreur. Il devait aussi combattre ADF, Maï-Maï et autres groupes qui tuent à l’est de la RDC et dans les Kasaï.

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