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Comment lutter contre l’immigration clandestine des jeunes Africains ?

L’esclavage de migrants en Libye a révélé beaucoup de choses sur le calvaire que subissent les jeunes originaires d’Afrique subsaharienne dont des Congolais qui essaient de rejoindre l’Europe. On n’oublie pas tous ces Africains morts par noyade dans la Méditerranée. Avant même que cette affaire sur l’esclavage en Libye ne fasse parler d’elle, de jeunes Africains avaient déjà décidé de s’unir pour sensibiliser contre ce phénomène d’immigration. Depuis 2015, la Jeunesse panafricaine pour la reconversion de mentalités (JPREM) donne des conférences et fait de la sensibilisation sur les réseaux sociaux. Habari RDC a rencontré Zoh Gbogbo Bernardin président international de cette organisation de jeunes.

Habari RDC : Zoh Gbogbo Bernardin, vous êtes président international et membre fondateur de JPREM. Pouvez-vous nous présenter votre organisation et nous parler de ses objectifs? 

Zoh Gbogbo Bernardin : En tant que leaders des jeunes Africains, notre rôle, est d’imposer des arguments nouveaux et plus décisifs en envisageant le renforcement de notre attachement indéfectible au changement des mentalités et au développement de l’Afrique.   

C’est dans ce contexte qu’est née la Jeunesse panafricaine pour la reconversion des mentalités, en sigle JPREM. Elle s’est donné pour objectif d’offrir l’opportunité à la jeunesse de s’engager dans la lutte pour le bien-être social et économique des jeunes Africains, en maintenant ces jeunes talents africains sur le sol africain pour impulser un développement progressif de l’Afrique par les Africains.

Selon vous, quelles sont les principales causes de ce phénomène et la sensibilisation est-elle une arme suffisante ?

Les causes sont l’ignorance, la guerre, la famine, le manque d’emploi, la mauvaise gouvernance, la méchanceté politique des dirigeants africains, les mauvaises conditions de vie en Afrique et bien d’autres. La sensibilisation est efficace parce qu’il faut la reconversion des mentalités des jeunes Africains. Je pense qu’il faut sensibiliser en présentant la vraie face de l’Occident, c’est-à-dire démystifier les conditions dans lesquelles ils vivent, et les risques auxquels ils sont exposés. Mais cela ne suffit pas. Il faut également promouvoir et soutenir les solutions entrepreneuriales des jeunes pour faire émerger des modèles de réussites locaux, ce qui a pour effet d’inspirer d’autres jeunes à rester et à devenir à leur tour des acteurs du changement. Il faut interpeller les leaders africains et se mettre au travail. Nous devons avoir confiance en nous, et avoir l’amour du travail bien fait.

Qu’est ce qui a été à la base de la création de ce mouvement ? Combien de pays couvrez-vous en Afrique et dans le monde ? Que perd réellement l’Afrique avec ces départs massifs ?

C’est parti de la misère qu’endurent nos jeunes Africains pour entrer en Europe, mais aussi les conséquences que leur départ cause sur le développement du continent. Nous sommes dans plus de 20 pays en Afrique dont la RDC, mais aussi en France, en Chine, en Corée du Nord, en Inde … Nous perdons des bras valides, nous perdons nos jeunes frères, des parents, des talents africains, etc. Et cela ne contribue pas au développement de notre Afrique. 

De quoi sont constitués vos messages de sensibilisation ?

Notre message est que le bonheur que nous cherchons se trouve en Afrique. Il faut s’unir autour d’une vision commune dans une synergie d’énergies et d’actions. Nous devons nous unir pour y arriver. Je sais que pour certains, aller en Europe est un effet de mode, pour d’autres c’est une question de vie ou de mort.    Si même le risque de mort ne dissuade pas les clandestins, comment agir ? La prison ? Ils s’en moquent. Le renvoi dans leur pays ? Ça coûte cher et ils reviennent. Surveiller les frontières, encore plus ? Coût trop élevé et impossible mission… Alors que faire ? La meilleure solution est de changer l’image qu’ils ont de l’Europe et de leur propre continent, l’Afrique. 

Le message contient aussi une part importante adressée aux dirigeants africains. Il faudra retenir que pour ces jeunes qui bravent des dangers de toutes sortes pour aller en Europe, « avancer, c’est mourir ; reculer, c’est mourir, alors mieux vaut avancer et mourir ! » Il nous faut donc offrir la vie à ces jeunes talents africains depuis leur champ, la campagne, le village et la ville. Les jeunes ont faim. Rien ne les empêchera d’aller dans les pays où ils pensent qu’on ne connaît ni la faim ni l’arbitraire.  Il n’est pas trop tard mais il est en train de se faire tard.

 


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