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Mélanie Ntumba, la première femme cordonnière à Mbujimayi

Quand on n’a pas le métier qu’on aime, on se contente de tout autre métier qui se présente. Pourvu qu’on en tire un revenu pour vivre. Mélanie Ntumba est la première femme cordonnière à Mbujimayi. Elle travaille dans la boutique de son mari, et grâce à ce métier, ils parviennent tous les deux à subvenir aux besoins de leur famille.

Tenir une famille est une lourde charge que l’homme ne peut porter tout seul, à moins d’avoir beaucoup d’argent. Il faut le concours de plusieurs mains. Et quand on est marié, l’homme et la femme doivent travailler et s’entraider. C’est la seule façon de produire un revenu suffisant pour la famille. C’est ce qui se passe dans la famille de Mélanie Ntumba.

Agée de 32 ans, Mélanie Ntumba est mère de six enfants. Elle n’a pas honte de son métier de réparateur de chaussures. Voilà, deux ans qu’elle fait ce métier aux côtés de son mari qui est d’ailleurs fier d’elle. Leur petite entreprise a désormais plus de clients depuis que Mélanie donne un coup de main à son mari. Aujourd’hui, elle sait bien travailler même en son absence. Babouches, chaussures, sacs en cuir ou en plastique… Mélanie répare et sa touche est toute particulière. C’est ce que disent les clients. Petit à petit, elle se sent très à l’aise dans cette profession. Elle explique : « Avant, j’ai fait un peu de petit commerce, mais j’ai été découragée à cause des taxes qui sont trop importantes et autres tracasseries fiscales. Aujourd’hui, je travaille avec mon mari dans notre atelier et ça marche. Nous gagnons jusqu’à 12 000 francs congolais (environ 7$) par jour. Cela nous permet de payer notre loyer et de scolariser les enfants. »

Chaque matin, après avoir préparé ses enfants pour qu’ils aillent à l’école, Mélanie rejoint son mari à l’atelier et ils y travaillent parfois jusqu’à 18 heures. Souvent, les autres femmes lui demandent si elle n’a pas honte de tenir un crochet et de faire un métier supposé être un métier d’homme, mais elle répond avec humilité et courage : « Montrez-moi où c’est écrit que la cordonnerie est un métier d’homme ? Dans quelle Constitution ? » Et d’ajouter : « Si nous voulons la parité, commençons par les petites choses. La parité ne veut pas dire : rester là à se maquiller toute la journée parce qu’on est une femme. Il faut travailler. » Un exemple à suivre par les femmes !

 


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