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Werrason bientôt député ?

Cette fois c’est la politique, et non des compositions et arrangements propres à la rumba congolaise. Après la célèbre danse ndombolo, Ngiama Werrason s’est autoproclamé « roi de la forêt ». Aujourd’hui, il voudrait émigrer, direction Assemblée nationale de la RDC !

Qui a dit que les musiciens ne peuvent pas diriger le pays ? Cela n’est-il pas arrivé récemment en Haïti ? Mais au Congo, beaucoup ont ri à l’idée que Werrason serait candidat aux prochaines législatives nationales. « Honorable député » Werrason, mais pourquoi pas donc ? On connaît en RDC, des parlementaires dormeurs, bagarreurs et même vuvuzélateurs ! Politique, boxe et musiques sont donc représentées dans notre Parlement. Vous y trouvez même des pasteurs pour évangéliser, exorciser… Il y a aussi des chroniqueurs de musique dans cet hémicycle. Il ne manquait plus que des danseurs pour compléter l’orchestre ! Tout un art scénique…

Je ne rejoindrai pas ici ceux qui croient – comme je l’ai lu sur les réseaux sociaux – que sans grands diplômes, certains Congolais ne devraient pas siéger au Parlement. Ce serait faire croire que ce lieu est tellement élitiste. Pourtant, il reste une représentation vraiment nationale, à l’image du Congo tel que nous le vivons au quotidien. Un Congo qui parfois donne l’impression de voguer sur un océan inconnu, sans boussole ni guide. Comme le dirait Félix Wazekwa, un autre chanteur congolais populaire : « Le soi-disant guide abungi nzela » ; traduisez du lingala « le guide autoproclamé s’est égaré ».

De la popularité à vendre en RDC ?

Non. Werrason vaut mieux que certains parlementaires qui bouffent nos émoluments sans raison. Ngiama Makanda, s’il est populaire à Kinshasa, c’est sans doute en partie grâce à sa sensibilité et ses actions en faveur des laissés-pour-compte… les shegués par exemple. J’aimerais que de cette sphère soit né l’appel à la politique auquel répond désormais celui que les rues de Kinshasa appellent « Ya Ngiama », Werra ! Mais je doute…

Comme je l’ai déjà dit dans un autre billet, la popularité est devenue une marchandise à vendre à Kinshasa. Les politiques sont acheteurs. Or, par les temps qui courent, plusieurs battent le record d’impopularité, tant ils ont déçu la population. Un Werrason ambassadeur de la paix ou de bonne volonté, la coqueluche de nombreux Kinois… Ça sonne comme un produit à vendre, ou à acheter… C’est selon.

Au commencement, il y a le seuil de représentativité

Bien plus, alors qu’approchent les élections qui décideront de grands changements ou du statu quo dans le pays, tout le monde est dans l’expectative. Il y a surtout le fameux seuil de représentativité. Une disposition de la loi électorale qui veut que ne siègent au Parlement que les partis et regroupements politiques qui ont une assise nationale suffisante. Au moins 1% de voix est requis, pour 45 millions d’électeurs.

Qui peut donc drainer du monde ? Il n’est pas exagéré de penser dans ce contexte au « Phénomène Werrason », comme l’appellent ses fans. Le chanteur est théoriquement capable de glaner énormément de voix grâce à sa popularité. De quoi gonfler l’assiette électorale, et accroître les chances de siéger ou de peser au Parlement.

Plus de doute donc : on est là en face d’un business. Du moins pour ceux qui profiteront d’un tel marché. On se demande bien qui est derrière Werrason. Pour l’instant, pas la peine de se presser. C’est un feu qui couve. Nous saurons celui qui l’a allumé le moment venu.

 


Vous pouvez lire aussi : Construction de stades : les jeunes derrière Werrason !

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Les commentaires récents (2)

  1. Tout le monde a le.droit se.devenir ce qu’il désire être dans sa société. Nous.lui souhaitons plein succès tant que ses intentions demeurent nobles…

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